Nos obligations de mémoire

AV BERLINS’il suffisait de changer un mot pour redonner une impulsion, un souffle à une idée tellement utilisée qu’elle en semble usée et risque par là même de perdre de sa substance. Le devoir de mémoire n’est-il pas manié, parfois à tort et à travers, y compris pour faire admettre des actes qui n’en relèvent pas, voire s’y opposent. Il faudrait sanctuariser ce terme, s’obliger à ne l’invoquer qu’à bon escient et non en toutes circonstances.

Comment dans une société qui a la mauvaise habitude de mêler le futile au tragique, l’important au superficiel, les paillettes aux grands débats, mettant tout sur un même plan, refusant la hiérarchisation des valeurs et des actes inhérents, peut-on encore donner du corps à une nécessité sociétale et morale : préserver la mémoire de ce qui fut.

Ce qui fut et doit être : nos idéaux démocratiques, humanistes. Ce qui fut et ne doit plus être : la barbarie, le totalitarisme, l’antisémitisme, le racisme.

Il ne peut pas y avoir une sélection des mémoires, une sélection des moments et des hommes. La force d’un pays et du peuple qui le compose est d’oser regarder son passé de face, sans faux semblants, sans échappatoire. Voir, analyser et comprendre, voilà les parties du tout qu’est le devoir de mémoire qui en aucun cas ne doit être figé, arrêté, momifié. Il faut qu’il soit vivant et intégrateur de toutes les composantes de la société.

Partager avec des adolescents, quelques-uns de leurs pas sur le Voyage au Nom de la mémoire est une manière de montrer non seulement mon attachement à ce projet mais aussi de renforcer la solennité de ces moments. Parce que les départements sont également en charge des collèges, j’ai voulu que la question de la citoyenneté dont la mémoire est, à mon avis, une part considérable, demeure un des axes forts de notre politique en faveur de la jeunesse.

Un citoyen en devenir doit connaître le passé du collectif, doit l’avoir intégré dans son propre processus de développement pour ensuite respecter ce qui fait le « vivre ensemble », les ressorts de notre société.

Alors, je suis avec eux à Berlin, aux côtés des autres adultes, vecteurs de sens et passeurs d’idéaux.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s