Égalité femmes-hommes : action et vigilance

La cause des femmes comme celle de toutes les libérations contre une oppression, appelle jour après jour à lutter contre le risque intrinsèque de voir nos victoires se transformer en un nouvel abîme. L’actualité ne peut que nous donner raison dans cette volonté de demeurer vigilants. La question de l’égalité femme – homme est un combat, qui après les luttes des années 70 et les avancées sociétales des années 80 et 90 semblait en passe d’être gagné. La société et surtout les jeunes générations ont pu penser que les droits des femmes étaient acquis et intégrés dans la société. Hélas, comme pour les luttes sociales, il ne faut jamais baisser la garde.
Simone de Beauvoir, si contemporaine dans son approche nous avait alertés : « N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant. ». Surtout quand la crise économique est concomitante d’une crise identitaire. La femme est la première menacée.
Les premières à pouvoir et à devoir se mettre aux côtés des femmes, ce sont les institutions, dont nos collectivités locales qui en ont la capacité et les compétences.
Il faut qu’à chaque niveau de responsabilité, nous remplissions nos obligations en faveur de l’émancipation des femmes. Le département de l’Aude n’a pas à rougir lorsqu’on évoque l’égalité entre les femmes et les hommes, la promotion et la juste représentation des femmes. Avant que la loi n’impose quoi que ce soit en la matière, nous agissions déjà… sans forcément le revendiquer…
Désormais, un décret de juin 2015 engage les collectivités de plus de 20000 habitants à établir un rapport sur l’égalité femme-homme. La rédaction de ce rapport est une occasion d’établir une photographie précise de ce qui est fait tant en matière de gestion des ressources humaines de la collectivité départementale que dans les politiques publiques mises en œuvre, de mesurer les avancées et d’identifier les marges de progression.

Et les avancées, de toute évidence, sont nombreuses. Pour la première fois de son existence, notre assemblée est paritaire tant au niveau des élus que de ses vice-président(e)s. Bien sûr, c’est la Loi qui l’impose. Mais nous sommes allés bien au-delà des obligations légales, car ce sont toutes les instances représentatives : assemblée, Conseil économique, social et environnemental, commissions de travail, futur conseil départemental des jeunes… que nous avons souhaité rendre paritaires. Cette parité nouvelle concourt à diversifier les tendances, les audaces, les idées et c’est heureux.

Au niveau de son personnel, le Département de l’Aude est également au rendez-vous de la parité. En termes d’effectif, on trouve 58% de femmes et 42% d’hommes. Et les femmes représentent 73% des emplois les plus qualifiés dits de « catégorie A ». C’est bien plus qu’au plan national où elles ne sont que 60%. Il faut noter aussi que 57 % des chefs de service du Département de l’Aude sont des femmes et qu’elles représentent 50 % de l’encadrement supérieur et intermédiaire contre à peine 34,6 % au plan national. En résumé et sans verser dans l’autosatisfaction, nous pouvons dire que l’égalité va bien au conseil départemental de l’Aude, notamment dans l’accès des femmes aux postes à responsabilité.
Enfin, et c’est une grande fierté de pouvoir le dire : l’écart de salaire entre femmes et hommes employés au Département est très faible. Il est 17 € en moyenne contre 210 € au plan national dans la fonction publique territoriale. Un écart encore très – trop – élevé…
Bien sûr, certains métiers sont encore très sexués. On trouve peu de femmes agents des centres routiers (1,4 %) ou ingénieurs (18 %) alors qu’elles forment la quasi-totalité des effectifs d’assistants familiaux (95 %) ou de conseillers socio-éducatifs (89 %). Nous devons viser à la diversité des recrutements mais c’est bien plus tôt que le travail doit démarrer. Dès l’école et dans la famille, dès le plus jeune âge, il faut collectivement lutter contre les stéréotypes de genre et permettre aux filles comme aux garçons d’accéder à toutes les filières de formation.
Dans nos politiques publiques aussi nous agissons. Concrètement. Quotidiennement. Le concours « avoir 14 ans en Europe » sera par exemple consacré cette année à la thématique « les femmes et l’Europe ». Les Archives départementales proposeront une série de conférences et d’expositions sur l’égalité femmes – hommes menée. Nos politiques autour de l’Aide sociale à l’enfance et la vigilance de nos travailleurs sociaux sont mobilisées autour de l’épineuse problématique des violences faites aux femmes. Nous veillerons à ouvrir plus largement l’accès des chantiers d’insertion aux femmes…
Il ne s’agit ni de crier victoire ni de considérer que tout a déjà été fait. Au contraire, c’est une voie dans laquelle il faut persévérer et rester vigilants. C’est pour cela que je soutiens pleinement une communication publique sans stéréotype en utilisant le guide pratique publié par le Haut conseil à l’égalité femme – homme à cet effet.
La promotion de l’égalité femme – homme, tout comme la lutte contre les discriminations doivent faire partie de nos axes prioritaires car, en la matière, je suis persuadé que les collectivités territoriales et les élus locaux ont un rôle majeur à jouer. Ce sujet n’est pas celui du passé. Il est au contraire très actuel et les jeunes générations, appuyées par celles qui précèdent, se doivent de le porter plus que jamais.

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