Education : Rebâtir le socle

Le Parti Socialiste travaille à l’heure actuelle sur les cahiers de la présidentielle. Un bel exercice auquel je me suis livré au sein de ma section, à Bram, sur le thème « Apprendre pour s’émanciper ». Les débats ont été très riches.

L’école a certainement été la grande perdante du quinquennat Sarkozy. L’hémorragie sans précédent dans les postes d’enseignants a traduit la volonté manifeste de casser ce magnifique outil de l’émancipation sociale et de la promotion des talents.

Au-delà de son bilan chiffré, c’est surtout sa parole politique qui est venue abîmer l’école de la République : les moqueries sur les épreuves de culture générale aux concours administratifs (la fameuse rhétorique pathétique sur la Princesse de Clèves), la remise en cause du poids moral et du rôle dans la société de l’enseignant républicain (la logorrhée infecte sur le mode de «l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal»)…

Voilà l’état dans lequel François Hollande a trouvé une Education nationale et ses personnels, meurtris dans l’essence même de leur travail, avec des moyens largement amoindris et soumis à une attente sociale forte contrebalancée par une défiance rampante, alimentée par le dénigrement passé.

Il fallait s’atteler à la tâche, avec pragmatisme, constance et volontarisme. D’abord Vincent Peillon, puis Benoit Hamon et enfin Najat Vallaut Belkacem n’ont pas failli et resteront comme des ministres d’envergure.

Le retour de l’enfant au centre de la définition des rythmes scolaires est certainement la grande œuvre de ce quinquennat. Je suis élu local, je sais la difficulté pour une commune d’équilibrer un budget, il en est de même pour une intercommunalité. Mais s’il y a bien un endroit où il est indécent de rogner, c’est sur la politique en direction des enfants, de leur éducation et de leur épanouissement.

La réforme des rythmes scolaires, quand elle est appliquée avec intelligence, c’est-à-dire bien répartie sur la semaine et avec des activités épanouissantes, est un formidable outil d’ouverture de l’enfant sur la culture, le sport, la créativité.

Comment également ne pas mettre au crédit des gouvernements Ayrault puis Valls, la réforme des programmes et de la formation des maîtres qui, de l’avis même des enseignants, ont redonné du sens et un fond tangible à leurs métiers.

Le cadre est à nouveau posé, construit et équilibré. L’exigence de qualité est au rendez-vous et l’appropriation qui en a été faite est une manière magistrale de couper court à cette abjecte volonté de la droite de laisser entendre que les enseignants ne veulent rien changer. Elles prouvent au contraire leur ouverture d’esprit et leur engagement.

Il faut aussi parler des chiffres, parce qu’ils démontrent une volonté et une ligne de partage claire entre ceux qui font de l’école une priorité et les autres :

  • La création de plus de 35000 postes depuis le début de la Présidence Hollande et 60000 jusqu’en 2017.
  • La revalorisation des primes pour les enseignants en Réseau d’éducation prioritaire (ex-ZEP) et la création de REP+ pour mettre les moyens spécifiquement sur des écoles le nécessitant.
  • Le dispositif « plus de maîtres que de classes » et le travail fait au sein des RASED pour les enfants en difficulté, formule d’appui cassée par le précédent gouvernement de droite.
  • Enfin, la possibilité de l’entrée en maternelle dès 3 ans parce que nous savons que plus l’enfant vit en milieu défavorisé, plus l’entrée à l’école jeune lui permet de rattraper ses retards de langage, d’accès aux connaissances…

Ces décisions visent à lutter contre le fléau de l’inégalité des enfants face à l’apprentissage. Et l’actualité nous donne raison de vouloir faire de cet objectif un engagement renouvelé. En effet, un rapport de l’UNICEF paru ce mercredi 13 avril, démontre que « le fossé entre les performances en lecture, maths et sciences des élèves en fonction de leur milieu social est très important ». Remettre des moyens au service de l’école est une manière d’enrayer ce phénomène que le quinquennat Sarkozy a alimenté avec application !

Quant aux étudiants, ils n’ont pas, non plus, été oubliés, avant même la récente définition du plan « jeunes ». Le paiement des stages dont la durée dépasse 2 mois est une reconnaissance que l’étudiant n’est pas corvéable à merci.
La création de 20000 logements universitaires répond à un besoin alors que la location en zone urbaine est coûteuse et rare.
De même, la revalorisation et la meilleure répartition des bourses répondent à une revendication ancienne des syndicats étudiants.

Aujourd’hui, il faut établir un bilan et surtout rétablir la vérité. En finir avec les sempiternels bruits de couloir qui laissent entendre que ce quinquennat aurait été «un coup pour rien». Cela suffit de le laisser dire. Les éléments tangibles sont là mais encore faut-il avoir envie de les mettre en avant.

Nous devons tous remettre les cahiers sur la table et ouvrir une nouvelle page vers une candidature pour un second mandat parce que la France a besoin d’un approfondissement des projets déjà menés. Elle n’a pas besoin d’un retour aux affaires de ceux qui ont voulu crucifier notre école républicaine.

Déjà des propositions émergent que nous devons travailler en lien avec les enseignants, les parents d’élèves, les organisations syndicales : une réflexion sur la détection des décrocheurs ; la fin réelle des devoirs à la maison ; la fin des Aides Pédagogiques complémentaires qui ne sont pas conformes à notre vision de l’école et de l’accompagnement de tous les enfants ; le développement des langues étrangères notamment en généralisant la pratique orale ; la valorisation des métiers manuels. Enfin, le grand chantier à venir sera l’organisation de l’enseignement par niveau de compétences et non par classe et donc une pédagogie différenciée qui laisse une marge d’initiative importante aux équipes éducatives.

L’école a entamé la reconquête de la place qu’elle n’aurait jamais dû perdre dans la République. Mais plus encore, les enseignants, grâce aux moyens qui leur sont à nouveau donnés, retrouvent confiance en l’avenir. Enfin !

One thought on “Education : Rebâtir le socle

  1. Parmi les priorités, il convient de prendre en compte également une autre urgence, qui touche de nombreuses familles en souffrance : la scolarisation inclusive des élèves à besoin éducatifs particuliers (handicap moteurs, autisme, haut-potentiel, etc.). La France est dramatiquement en retard par rapport aux pays occidentaux, et l’Aude est dramatiquement en retard par rapport à la France… Ces élèves sont en permanence les grands absents des débats, des projets, des réformes, alors que c’est un enjeu essentiel de l’école républicaine et de la valeur « égalité ».

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