Entendre le bruit sourd de l’inconnu…

Certains hommes politiques sont au rendez-vous de l’histoire, le Royaume-Uni a eu un Winston Churchill et puis, il y a de petits hommes politiques, de ceux qui mettent au-dessus de tout leur petite carrière politicienne, au-dessus de tout, y compris de l’intérêt supérieur d’un idéal continental. L’histoire se souviendra que David Cameron fut un de ceux-là, qui pour sauver sa peau, a jeté l’Europe dans le trouble et l’aventure.

Ce matin on peine à y croire, 52% des anglais, écossais, irlandais, gallois, auraient rejeté l’Europe, ont demandé à en sortir… Déjà, l’Ecosse, pro-européenne à 63% conteste et parle de faire sécession, et on s’interroge sur la folie de ce premier ministre qui aveuglé par ses certitudes, n’a pas compris à quel jeu dangereux, il allait jouer.

La victoire du parti 5 étoiles à Turin et à Rome, celle du Brexit aujourd’hui, nous renvoient à une seule et même certitude : les européens doutent de l’Union Européenne et pour la première fois depuis des décennies, estiment que « vivre seuls, repliés sur les Etats-nations » est préférable à l’idée de la construction européenne. Le Brexit est la victoire éclatante et inquiétante du repli sur soi, du rejet de l’autre. 27 ans après la Chute du mur de Berlin, le rêve d’une Europe forte, unifiée, solidaire et positive est éparpillé, à terre… Et qui pour la relever ?

Je refuse et refuserai contre vents et marées, de céder à la longue complainte du rejet de l’Union. Bien sûr que l’Europe est perfectible, bien sûr qu’elle a cédé à une lente technocratisation que nous payons certainement aujourd’hui avec la montée du sentiment anti-européen, bien sûr qu’elle a trop mis en avant les questions économiques avant l’intégration politique et une entente en matière de sécurité commune. Et les britanniques sont fortement impliqués dans ces choix… Eux qui ont toujours rejeté une Europe de la défense ou une idée fédéraliste…

Les peuples ont la mémoire courte et il faut rappeler qu’avec l’Europe, pour la première fois de son histoire millénaire, le continent est en paix depuis 70 années consécutives. Jamais, cela n’était arrivé. Ce ne sont pas des fadaises, un hasard de l’histoire, c’est une réalité. La Grèce a vacillé, malmenée par la crise, elle n’a pas quitté l’Europe, nous avons mené de concert une campagne de redressement pour qu’elle demeure l’un des nôtres. Les grecs ont souffert mais ils sont restés et nous les avons souhaités parmi nous…

Le Royaume Uni a toujours été un compagnon « désinvesti », hors de l’union monétaire, un pied en dedans, un pied en dehors, négociateur égoïste qui a souvent bloqué des évolutions pourtant nécessaires. Dorénavant, les choses sont claires, ce sera sans eux. Alors il faut que ce soit encore plus avec nous, nous les européens, ceux qui y croient et ceux qui ont un désir d’Europe. Le temps n’est pas au repli sur soi, le temps est à une exigence redoublée.

Les allemands sont nos alliés historiques parce qu’ils furent nos ennemis historiques, c’est ce lien fort qui nous unie et surtout nous oblige. On doit réaffirmer la puissance de ce binôme d’avant-garde.

L’Europe ne doit pas réinterroger son but, il est connu, évident et pertinent : unifier les peuples, les aider à garder leurs spécificités mais partager un intérêt supérieur, celui de la paix. Par contre, elle doit réinterroger ses moyens, ses méthodes et pour cela, la France doit prendre l’initiative. Les nations ne se suffisent pas à elles-mêmes, seule la solidarité entre elles est facteur de croissance. Le meilleur moyen de servir son pays est de l’engager dans un tout où chacun apporte à l’autre son concours.

Rester pro-européen devient un engagement encore plus obligatoire même s’il ne sera pas populaire. Je laisse les chimères de la popularité à ceux qui pensent qu’il faut céder au pessimisme, à la peur de l’autre et au repli. C’est ensemble que nous serons plus forts et plus ancrés dans le monde. La France est nécessaire à l’Europe et l’Europe nous est nécessaire. Alors, repensons une Europe qui nous ressemble et qui nous parle de nous, nous ensemble, nous en commun. Cessons de parler de construction européenne pour enfin vivre l’Europe, celle que nous portons !

4 thoughts on “Entendre le bruit sourd de l’inconnu…

  1. Totalement d’accord avec cette analyse. A ceux qui sont attirés par les chantres du repli sur soi, il est bon de rappeler que nous sommes en paix alors que le siècle précédent a vu l’Europe ravagée par 2 guerres. Nou
    s sommes tous dans le même bateau et l’union est notre seul recours.

  2. je suis d’accord avec vous mais je pense que les gens ne savent pas ce qu’est l’europe on est vraiment reste dans le flou c’est pour cela que les personnes qui parlent comme cela ne savent pas l’importance pour les pays de cette europe

  3. Bravo President.
    Que nos élus reprennent le pouvoir à Bruxelles et remettent ces technocrates à leur place à l’image de notre député Éric Andrieu qui ne ménage pas ses efforts pour défendre nos intérêts communs.

  4. Cent fois oui . Et construisons une Europe du mieux disant, et non du moins disant, réaffirmons notre force de plus de 400 millions de personnes et non un marché à exploiter de 400 millions de consommateurs à dresser. Peut on construire dans la dérégulation complète, dans un déséquilibre favorisé par des édifices où certains piliers sont absents, remis en cause, voire refusés et sciemment retardés. En référence à Astérix, l’édifice semble parti comme une pyramide conçue par Numérobis…

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