Rester soi-même, être français

La soirée était belle et la France, vivante. Partout, les flonflons de la fête nous rappelaient qui nous étions, ce jour de juillet où nous fêtons notre unité nationale, notre égalité, notre liberté et notre fraternité, ces idées que les guerres, que les révolutions, que les dissensions politiques n’ont jamais réussi à nous ôter.

Nous étions en juillet, il faisait nuit et nous nous aimions, peuple de France.

Et puis, comme en novembre, les premiers indices se répandent sur les réseaux sociaux, comme en novembre, on commence par ne pas oser y croire, par espérer que ce ne soit pas un attentat mais un accident. On dirait presque « juste un accident ». Et puis, il faut accepter l’évidence, ne pas s’y résoudre mais l’accepter. Egrainer le nombre des victimes, et à chaque palier franchi, ne plus trouver les mots pour exprimer une suffocation collective.

Cela recommence, ils n’en finiront donc jamais de vouloir anéantir ce que nous sommes, un peuple libre de se réjouir, de fêter, de déambuler bras dessus-bras dessous au bord d’une plage, sur cette promenade que le monde entier regarde avec émerveillement. Dorénavant, elle est le chaos, elle est l’indicible, elle est notre peur.

Nous souffrons avec les victimes et leurs familles, comment peuvent-ils endurer pareil choc ? Nous sommes aux cotés des blessés et de tous ceux qui, à jamais, seront marqués par cette tragédie. Et nous sommes tous les témoins meurtris de cette ignominie.

Bien sur, vite fait, certains s’engouffrent dans la brèche pour stigmatiser une religion et des hommes et des femmes qui seraient les porte-paroles silencieux de ces fous. Non, mais non, ne nous laissons pas aller vers le chaos qu’ils attendent. Daesh ambitionne de semer la zizanie entre nous, nous tous, membres d’une même communauté, ll espère une guerre civile qu’il entend provoquer.

Notre sang froid sera sa défaite.

Ne tendons pas l’autre joue, ne plions pas sur la laïcité, sur l’égalité des citoyens devant les lois. Bien au contraire, durcissons ce qui a fait la France, cette certitude qu’un citoyen est l’égal d’un autre, ni plus ni moins. Oui, continuons les offensives militaires en Syrie et en Irak, allons aux cotés des tunisiens et des libyens pour qu’à leur tour, ils ne soient pas happés par le vent mauvais.

Des réservistes seront appelés. Nous sommes donc en guerre. Oui, tous, chacun, en guerre contre le fanatisme qui n’est plus loin, là-bas, mais ici et maintenant. Luttons avec nos armes, celles de la démocratie, renforçons-les s’il en est besoin.

Mais ne cédons pas une once de notre terreau, de notre cohésion… de notre humanité.

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