Espéraza, comme un signe d’espoir

Des migrants, on n’entend que des mots qui claquent comme des chocs : la jungle de Calais, les camps de Lesbos, les naufrages en méditerranée, les barbelés que certains pays entendent édifier. Et les peuples européens écoutent et regardent, oscillant entre pitié et peur, entre mauvais amalgame et besoin de solutions.

Nos démocraties font face à la pire crise migratoire depuis l’après-guerre, pour une guerre qui se passe si loin et si près finalement. Et dont on ne voit pas de solution de court terme… Aujourd’hui, le Conseil de sécurité de l’ONU se réunit pour aborder cette problématique qui n’épargne aucun pays européen, un nouveau mot a fait son apparition dans le langage diplomatique : la réinstallation des populations, dans des pays sécurisés. Qu’ils soient réfugiés de guerre, réfugiés climatiques ou économiques, la France doit prendre sa part et doit surtout organiser leur venue dans des conditions dignes de la grande démocratie qu’elle est.

L’Aude a commencé à accueillir ces migrants, nous en attendions 150, ils ne sont pour l’instant «que» 36, dont 14 enfants, répartis dans plusieurs centres : à Carcassonne, Narbonne, Coursan et Espéraza. Le Préfet Sabathé vient d’annoncer la venue de 60 migrants, issus pour la plupart de la jungle de Calais, volontaires pour ce transfert. Un lieu est en cours de définition, certainement dans la Haute Vallée, même s’il semble important que tout le territoire puisse être force de proposition pour un accueil de qualité, parfaitement intégré à la vie des audois.

La peur vient de la méconnaissance. La peur vient de la rumeur. La peur vient de l’inconnu. A Espéraza, j’ai tenu à être présent, cet après-midi, pour la remise de la médaille à un jeune homme qui un jour, a sauvé de la noyade trois jeunes filles. Bien sûr, il y a eu ce geste héroïque mais il ne faut pas attendre qu’ils deviennent des héros du quotidien pour les intégrer, pour les accueillir. Pourquoi attendre d’eux ce que nous n’attendons pas de nous ? Attend-on de chaque citoyen qu’il fasse un geste extraordinaire pour le reconnaître comme citoyen à part entière ? Non ! Ces femmes et ces hommes ont traversé des continents et une mer dans des conditions effroyables, cela n’en fait pas des héros…, juste des gens qui méritent tout notre respect pour le courage qu’ils ont eu. Le déracinement est une violence extrême qui s’ajoute à la violence de la route des migrants, de la terreur que les passeurs érigent en mode de fonctionnement. Il faut regarder cette réalité en face. Quand j’entends la campagne abjecte menée par un certain Laurent Wauquiez, je suis scandalisé de ce qu’un élu est capable de faire, de dire et de créer comme mouvement de rejet, juste pour des visées électoralistes.

Ce n’est pas en rejetant plus faible que soi, que l’on vivra mieux. La solidarité n’est pas un vain mot, elle doit être la base de notre organisation sociale. Et c’est cette dimension que je défendrai au quotidien !

One thought on “Espéraza, comme un signe d’espoir

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s