La droite en actes

Loin des polémiques stériles et des controverses médiatiques sans intérêt, le Parti socialiste prépare les échéances de mai et juin 2017 studieusement. C’est dans ce contexte que je suis intervenu aux universités de l’engagement à Toulouse pour décrypter les politiques de droite dans les départements et les régions qu’elle dirige.
Souvent, les collectivités territoriales sont considérées comme des laboratoires d’essais des politiques nationales. Et bien là, les essais sont conclusifs : avec la droite au pouvoir, c’est la casse sociale et territoriale assurée.
Depuis 2015, les premières mesures prises par les nouveaux élus de droite sont révélatrices d’un état d’esprit et d’une volonté qui se retrouve dans le programme LR pour la présidentielle : suppression de postes de fonctionnaires, baisse de la qualité des services, désengagement politique de certain secteurs afin de préparer leur privatisation…
Je vous propose un petit florilège de mesures qui donneront un aperçu de ce qui pourrait nous attendre si la droite remporte la présidentielle (quel que soit leur candidat !) et les législatives l’année prochaine.
Dans les départements :
– Dans l’Oise, suppression de 400 postes, dans tous les services, même ceux sous tension comme le secteur des solidarités.
– Dans le Nord comme en Seine-et-Marne, désengagement important auprès d’associations de solidarité (Resto du cœur, foyers ruraux…)
– Dans le Nord, l’Ain, les Deux-Sèvres, la Vienne, et comme toujours avec la droite, diminution drastique du soutien à la culture (suppression de subventions aux théâtres, aux associations culturelles…)
– Les femmes ne sont pas « oubliées » des politiques de coupes sombres et idéologiques puisque en Isère, la majorité « Les républicains » a baissé de 35 % le budget au Centre d’information des droits des femmes et des familles (CIDFF) de Grenoble
– Et même les solidarités, compétences obligatoires pour lesquelles les départements sont chefs de file, font les frais d’une vision « à la petite semaine », délaissant les populations les plus fragiles et entrainant un mal-être chez les travailleurs sociaux. Dans le Nord, le Département s’est désengagé des établissements médicaux sociaux (-3% pour les EHPAD et -4% pour les personnes en situation de handicap) ; dans la Drôme, dans les Yvelines, les Alpes-Maritimes et la Côte d’or, l’Isère ou encore les Pyrénées atlantiques, suppression ou réduction de la prévention spécialisée. La Drôme a aussi supprimé les interprètes dans le cadre des consultations de patients d’origine étrangère qui se rendent dans les centres médico-sociaux.
– Dans certains cas, les collèges deviennent une variable d’ajustement comme dans l’Eure où la dotation annuelle de fonctionnement a fondu de près de 9 %.
– Et que dire de la tentative d’instaurer le bénévolat obligatoire pour les bénéficiaires du RSA dans le Haut-Rhin ou du refus de l’Eure d’appliquer la hausse de 2 % du RSA prévue par le plan pauvreté.
– Et alors que pendant 5 ans la droite n’a pas cessé d’attaquer le gouvernement sur le soi-disant matraquage fiscal, les départements de droite les ont augmenté en moyenne de 15 % !
Les Régions ne sont pas en reste. Là aussi, la droite, toutes tendances confondues, démontre ce que serait sa politique si elle accèdait aux responsabilités nationales. Personnes en difficulté, travailleurs pauvres, femmes, jeunes, aux abris, la droite ne vous aime pas.
La preuve ? me direz-vous. Le débat sur le Pass’ contraception, la suppression des aides aux emplois d’avenir, la suppression des emplois tremplins en Ile-de-France ; l’installation de portiques à l’entrée des lycées, la suppression des actions éducatives et du soutien à l’éducation populaire en Pays-de-la-Loire ; la baisse de 30 % des subventions accordées aux associations de protection de l’environnement et à l’agriculture paysanne et biologique en Auvergne Rhone-Alpes… Et la liste s’allonge de jour en jour, rendant toujours plus lisible une politique déconnectée des besoins des territoires et dont le clientélisme demeure la seule boussole.
Pourtant, à gauche, malgré la situation complexe à laquelle Régions et Départements doivent faire face, perdure toujours la volonté de construire un territoire harmonieux et respectueux de ceux qui y vivent. Un territoire dans lequel la puissance publique confirme sa volonté d’investir, afin de garantir le développement économique créateur d’emploi ; un territoire socialement équilibré et protecteur de son environnement.
A l’approche des échéances de 2017, il était fort utile au cours de cet atelier de l’université de l’engagement de mettre en perspectives les débats qui traverseront le pays dans les prochaines semaines et de donner à voir, par des exemples et des actes, la réalité du clivage entre un projet de gauche et une gestion de droite, pour éclairer, le moment venu, le choix de nos concitoyens.

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