L’esprit de novembre

Il faisait froid et il pleuvait, ce 11 novembre et c’était peut-être mieux ainsi. Nous avions envie de la proximité des amis, des connaissances pour appréhender ce moment de mémoire. L’année dernière, à pareille date, nous ne savions pas encore que nous serions frappés. Comme nous ne le savions pas quand nous vous retrouvions pour le 14 juillet.
Ce matin, à Bram, j’étais, devant ce monument du souvenir, entourés des jeunes, nombreux, forts de leur mandat au sein du Conseil municipal des jeunes, mandat qu’ils portent avec singularité. Claudie Méjean en soutenant cet espace de discussion et de décisions a voulu que la jeunesse n’attende pas le nombre de ses années pour s’investir dans la chose publique. Réfléchir, discuter, penser le quotidien et comme aujourd’hui, honorer notre mémoire commune, revient à transmettre à ces enfants de Bram, un désir commun, une attente collective envers l’avenir. Leur présence était un regain d’espoir dont nous avons tant besoin…
Oui, notre pays souffre, dans sa chair, il souffre de la violence qui a émaillé une année qui n’en finit pas avec son cortège de catastrophes et de désillusion. Il souffre d’une fracture politique entre ceux qui veulent maintenir un modèle sociétal ouvert et incluant et ceux qui de plus en plus excluent, écartent, rejettent.
Alors en ce 11 novembre, il fallait se souvenir que la paix n’est jamais une certitude, elle est une conquête perpétuelle et elle le sera certainement demain encore plus qu’aujourd’hui. Se souvenir aussi que vivre en société est une bataille de tous les jours et de tous les citoyens, rien n’est jamais acquis. Il faut sans cesse remettre le travail sur le métier, retisser les liens qui peuvent se distendre. Il faut oeuvrer, chacun à son niveau, chacun avec franchise et fierté de cette volonté de faire la France, d’être la France, ouverte, tolérante et bienveillante envers ceux qui en ont besoin.
Michelet disait que la France est « une traînée de lumière immense non interrompue, véritable voie lactée sur laquelle le monde eut toujours les yeux ». Aucune crise économique, aucune difficulté sociale, aucune agression terroriste ne doivent nous faire perdre cette idée que nous sommes un grand pays, dont beaucoup dans le monde attendent quelque chose, une voix, une expression, une ligne de conduite, un enrichissement moral et culturel. Ne l’oublions jamais.

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