Mon engagement politique

Jeudi, un homme digne est venu nous faire part de son choix, un homme d’Etat dans toute sa dimension. Au soir de son départ, les regrets et les louanges ont commencé, comme s’il fallait ne plus être pour enfin devenir, aux yeux de beaucoup, ce grand président que l’histoire réhabilitera dans sa plénitude.

A l’esprit, il me restera un goût d’amertume qui tourne et retourne devant un tel gâchis. Ce Président aura vécu les pires crises que la France ait traversé ces 50 dernières années, il aura tenu la barre et pourtant l’impopularité aura tout balayé sur son passage. Et, la France est ainsi faite que c’est au soir de leur départ qu’enfin les hommes commencent à être regrettés…

Quand il prend ses fonctions en 2012, l’Europe est à un fil de l’éclatement, pire de l’écroulement. La Grèce est en faillite, les pays du sud posent la question de leur solvabilité et donc de leur capacité à rester dans l’Europe. Merkel et Hollande ont été le duo qui a sauvé l’Europe de la rupture. Qui l’a mis au crédit de François Hollande ? Qui ?
Il aura vécu les attentats et son long cortège de cercueils, de drames et de peurs, il aura fallu son calme et sa maîtrise, pour que ces ébranlements ne deviennent pas autant de prétextes pour les uns et les autres, de mettre le feu à la maison France. Il a été ce président, pourquoi avoir omis de le mettre à son crédit. N’est-ce pas dans la crise que se relèvent les grands dirigeants ? Qui peut dire qu’il a failli à ses devoirs de protecteur ? Qui ?
Et au delà, ce président qui protège aura aussi été au rendez-vous de notre modèle social : la modulation des allocations familiales, la mutuelle santé universelle pour les plus démunis, les 60 000 postes de plus dans l’éducation nationale, la création du service civique et de la Garde nationale, la réforme du barème de l’impôt sur le revenu pour plus d’équité, le plan national en faveur des personnes âgées et pour l’adaptation de la société au vieillissement… La liste n’est pas exhaustive tant il est impossible en une seule page de traiter de toutes les avancées sociales que ce quinquennat aura menées à leur terme. Ne pas le dire est d’une injustice totale vis à vis d’un président de gauche, oui, de gauche quoi qu’aient pu en dire, avec force relais médiatiques, mes amis frondeurs. Ne pas avoir vu en lui le progressiste et l’homme de gauche qu’il n’a cessé d’être au travers de ses prises de décisions est d’une injustice dont certains auront à répondre dans un vrai débat démocratique.
Et en matière économique, quel est son bilan ? La courbe du chômage s’inverse, il en avait fait la promesse et il l’a tenue, une de plus et pas des moindres. Son pacte pour l’emploi a eu une vertu : redonner de l’emploi aux français. Oui ! Mais aussi, réconcilier le monde de l’entreprise avec la social démocratie, et ce n’est pas la moindre des performances, face à des entrepreneurs toujours circonspects face au pouvoir de gauche. Et oui, il faut cesser d’opposer travailleurs et entrepreneurs. Le monde de l’entreprise est nécessaire au pays, comme est nécessaire le service public. Parce que nous avons des espaces différenciés et équilibrés, nous sommes en capacité d’avoir un pays tourné vers l’avenir. Et cela, Francois Hollande l’avait compris, il voulait sortir de ce combat stérile qui vise à opposer sans cesse le patron et le salarié. Mais attention, jamais, il n’a comme certains ont voulu le faire croire, privilégié le patron au détriment de l’ouvrier. Non, il a tenté de donner à chacun les outils d’un côté de son développement et de l’autre de son émancipation sociale. Réconcilier l’entreprise avec ceux qui la font, les ouvriers. Là où par démagogie, certains ont voulu voir du libéralisme, l’histoire réhabilitera cette politique de l’équilibre entre l’offre et la demande. fullsizerender

Aujourd’hui, il faut non pas tourner la page mais en écrire une nouvelle. Je n’espère qu’une chose que le futur donne raison à ce président qui a vécu 5 années de dénigrement systématique jusqu’à la nausée. Je suis certain que ce temps arrivera.
Socialistes, nous devons engager la primaire du réalisme et de l’affirmation de nos valeurs et de nos convictions. Nous ne sommes pas des militants sans projet, nous en avons un et il doit être incarné, vite, par un homme en capacité non seulement d’assumer un bilan dont nous n’avons pas à rougir mais surtout en capacité d’enclencher le combat pour une France toujours plus juste, plus dynamique, plus affirmée dans ses convictions.

Oui, pour moi, Manuel Valls est celui qui demain peut et doit conduire cette rénovation. Il est un homme de gauche, foncièrement. Le Président de département que je suis peut en témoigner, j’ai assisté à ses tentatives répétées et militantes pour renationaliser le Revenu de Solidarité Active (R.S.A.), ce qui revenait non seulement à soulager les départements mais surtout, et c’est pour cela qu’il l’avait proposé, à assurer la sauvegarde de cet outil emblématique du système social français. Et ce dossier est l’archétype de sa vision moderne de la gauche. Il a affirmé haut et fort, face à une droite parlant sans cesse d’assistanat, que le modèle français était fondé sur une solidarité juste, efficace, incluante qu’il fallait préserver.

Nous devons nous rassembler. Nous devons affirmer notre ligne de conduite et notre vision de la France. Face à François Fillon, il ne faut pas de demie mesure, il faut exprimer avec courage et lucidité ce qu’est la gauche européenne d’aujourd’hui et laisser à d’autres, les vieilles lunes d’un passé qui n’existe plus.

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