« Une conviction totale »

Nous en avions l’intuition puis la conviction, Manuel Valls allait présenter sa candidature pour les primaires de la gauche, c’est chose faite depuis hier soir. Dans un discours prononcé depuis Evry, sa ville, il nous a offert une vision d’une gauche moderne, percutante et incluante.

Je l’attendais et il ne s’est pas dérobé à son intention de faire son propre bilan, « avoir eu des mots durs, susciter des débats et des controverses, mais toujours avoir assumé les décisions collectives ». On peut lui reconnaitre d’avoir toujours affirmé avec force des idées, des positions, n’est-ce pas au final de cela dont nous avons besoin : un positionnement clair, tranché par des primaires ouvertes, qui donneront une légitimité complète au candidat chargé de représenter la gauche au premier tour de la Présidentielle ? En se présentant fermement sans rien renier de lui, Manuel Valls nous offre ainsi l’opportunité d’un vrai débat démocratique comme le Parti socialiste sait le mener.
Il entend « tout donner à la France qui (lui) a tant donné », son volontarisme apparait dans un engagement nécessaire à notre temps. Face à une droite « décomplexée », c’est à dire une droite totale, excluante, refermée sur une France bourgeoise, blanche et refusant son entrée dans le monde, Valls propose une vision foncièrement de gauche, d’un pays multiculturel, équilibré entre des territoires complémentaires et non pas opposés. Lui, le fils de réfugié catalan, sait ce qu’il « doit à la France », certes, mais il sait surtout ce que l’ouverture permet comme enrichissement en termes de valeurs, de culture, de mixité. Et c’est ce modèle qu’il entend promouvoir dans le respect de nos fondements et au premier chef, de la laïcité.
Je veux saluer son hommage appuyé, nécessaire et vibrant au chef de l’Etat, qui a fait passer l’intérêt supérieur de l’Etat avant sa démarche personnelle -chose dont devraient s’inspirer deux des compétiteurs à gauche et au centre de l’échiquier politique-.
Mais, si je ne devais retenir qu’un point de son allocution, ce serait cette définition de sa démarche : « une candidature de la réconciliation ». Alors, quand je lis sur mon fil d’actualité, sur tweeter, mes camarades socialistes condamner avant même que le match n’ait été joué la proposition de rassemblement de Manuel Valls. Quand je lis que déjà certains veulent s’affranchir du vote militant pour se rallier à un des candidats hors primaire, je me demande jusqu’à quand nous allons nous diviser et laisser ainsi les français tomber dans la nasse de la droite. Nous avons une responsabilité historique, la gauche est divisée mais « rien n’est écrit », rien n’est inéluctable, à nous de reprendre le destin de notre famille politique en main. Et d’y aller projet contre projet, idées contre idées, pour non pas effacer nos différences mais faire de cette primaire, ce qu’elle est : la possibilité de définir une ligne claire, de gauche, moderne et concurrente de la Droite. Nous avons deux mois, engageons-nous !

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