Quelques réactions au discours d’E. Macron sur la refondation de l’Europe

Il y a comme cela des coïncidences. En ce lendemain de discours du président de la République sur sa vision de la refondation de l’Europe, me voilà à Bruxelles, au Comité des Régions, le Parlement des territoires de l’U.E.

Pendant toute la journée, nous débattons avec des élus locaux de toute l’Europe de sujets très concrets pour le quotidien de nos concitoyens.

Et dans les couloirs, nous échangeons sur l’actualité. Et bien sûr aujourd’hui c’est le discours d’Emmanuel Macron qui est au centre des discussions. Intéressant de voir la perception de nos partenaires européens : discours ambitieux pour les uns, trop ambitieux pour les autres, certains veulent aller de l’avant, d’autres n’acceptent pas qu’une « avant-garde » à quelques pays puisse se constituer.

Bref, le débat est lancé, et bien lancé. Et c’est là l’essentiel. Par delà les divergences que je puis avoir avec Emmanuel Macron sur de nombreux dossiers, notamment au plan économique, je lui sais gré d’avoir cette ambition européenne, cette volonté de vouloir faire avancer l’idéal européen. Peut-être ne serons-nous pas d’accord sur tout, mais je partage ce point essentiel, déjà développé par Jacques Delors, il y a de nombreuses années, qu’il faut désormais permettre à quelques pays d’aller de l’avant sans que d’autres puissent les en empêcher. Des propositions concrètes ont été faites, nous verrons si nos partenaires européens y sont favorables. J’en citerai quelques unes, que je soutiens, comme le fait que tous les jeunes européens, étudiants ou apprentis, puissent passer 6 mois dans un autre pays européen avant leur 25 ans. Ou encore l’idée d’une taxe sur les transactions financières (l’idée n’est pas nouvelle!) pour financer l’aide au développement (mais sur ce point le Gouvernement devrait être plus exemplaire sur l’objectif d’atteindre les 0,7% du PIB consacrés à l’aide au développement en France)…

Les dossiers sont sur la table. Surtout faisons tout collectivement pour que les peuples participent à cette réflexion sur la refondation de l’Europe. Emmanuel Macron propose des conventions démocratiques en 2018 pour ce faire. Veillons à ce qu’elles soient ouvertes à tous, et surtout sortons du jargon européen dans ces réunions. Je ferai tout à mon niveau pour que les Audoises et les Audois donnent leur avis et participent. Il en va de l’avenir de l’Europe, de la France. Et cela ne pourra se faire, ne doit pas se faire, sans la participation des citoyens.

 

Dernière minute : dans l’optique justement de développer les échanges sur l’Europe, le Département de l’Aude organisera avec l’Agence de Développement Rural Europe et Territoires une journée au bord du canal dans le cadre de l’initiative « l’Europe au fil de l’eau ». Ce sera le samedi 14 octobre, à Carcassonne, au bord du canal du midi, face à la gare SNCF. 

Vers une relance de l’Europe ? Avec les jeunes !

C'était une semaine spéciale : discours sur l'état de l'Union de Jean-Claude Juncker quelques jours après le discours d'Emmanuel Macron à Athènes… Les vents semblent se remettre à souffler, positivement, dans les voiles de l'Union Européenne.

Si je partage totalement cette phrase de Macron "Lorsque l’Europe s’arrête, elle se trahit elle-même et elle court le risque de se démanteler", qui rejoint celle de Juncker "Helmut Kohl et Jacques Delors m'ont appris que l'Europe n'avance que quand elle fait preuve d'audace", on constate cependant des différences d'approche entre eux, loin d'être anecdotiques.
Mais l'heure n'est pas à trancher ces différences. L'essentiel est que, comme j'ai eu l'occasion de le dire, le débat soit relancé.
Alors oui à la refondation de l'Europe, mais pour quelle Europe ? La réponse ne doit pas être monopolisée par les chefs d'Etat. Elle doit être donnée par les citoyens.
Consultons-les ! Échangeons, débattons, profitons de cette "éclaircie" européenne pour relancer la réflexion. Il est temps de reprendre le flambeau de cet idéal européen. N'attendons pas que l'horizon s'obscurcisse à nouveau.

Et quoi de mieux pour finir cette semaine qu'une action départementale très concrète pour avancer vers cet idéal. J'ai été très heureux de lancer à Carcassonne la carte jeunes européenne en partenariat avec la carte départementale bien connue Acti City. Cette carte facilitera la mobilité des jeunes Audois.es de faciliter leur mobilité en Europe et, à l'inverse, permettra à des jeunes européens de venir découvrir notre Département.

C'est la première fois que la carte jeunes européenne signe un partenariat à l'échelon départemental ! Une fierté pour nous. Car qui mieux que les jeunes pour reprendre le flambeau de l'idéal européen ?

« L’asile est un droit et une obligation internationale »

Je tenais à partager ce communiqué des eurodéputés socialistes et radicaux, publié suite au rejet par le président de la commission européenne de la demande du premier ministre hongrois en vue de contribuer financièrement à la politique migratoire très restrictive de son pays.

« Les eurodéputés socialistes et radicaux se félicitent du rejet par la CJUE des recours de la Slovaquie et de la Hongrie contre le mécanisme de relocalisation des demandeurs d’asile.

La Cour de Justice de l’Union européenne a aujourd’hui pris une décision profondément européenne en rejetant les recours de la Slovaquie et de la Hongrie contre le mécanisme de relocalisation des demandeurs d’asile.

Pour rappel, en 2015, afin de répondre à l’urgence humanitaire à laquelle l’Italie et la Grèce devaient faire face avec un afflux de migrants sans précédent, les États membres avaient accepté le principe de relocalisation de  160 000 personnes déplacées depuis ces deux pays vers d’autres États membres.

Nous avions salué à l’époque une avancée de taille, tout en condamnant le choix démagogique et dangereux pour l’Europe de ceux – Hongrie, Slovaquie, Roumanie et République Tchèque – qui avaient voté contre.

Pour nous, c’est un principe non négociable : la solidarité ne fonctionne pas à sens unique !

Maintenant, nous devons aller plus loin : les États membres ne tiennent pas suffisamment leurs engagements en matière de relocalisation. Nous voulons des sanctions contre ceux qui s’affranchissent de leur devoir de solidarité. Il faut aussi penser sur le long terme, même si nous savons que la relocalisation seule ne suffira pas.

L’asile est un droit et une obligation internationale, nous devons tout faire pour que ce droit soit effectif. L’arrêt rendu aujourd’hui est un nouveau pas dans ce sens. »

Ainsi que l’a indiqué le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, en réponse à une requête du premier ministre hongrois, Viktor Orban, la solidarité n’est pas « un plat à la carte » mais « une route à deux voies ».

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