Civitas a encore frappé !

Le groupuscule xénophobe Civitas, basé en région parisienne, semble être particulièrement irrité par le fait que le conseil départemental que je préside assume les missions qui lui sont imposées par la loi.

La diffusion de tracts haineux se multiplie dans notre département,  à Castelnaudary, à Narbonne, sans doute ailleurs…

Il y a un an, les mêmes énergumènes avaient craché leur haine et leur mal être dans l’ensemble des boîtes aux lettres de Bram faisant apparaître cette commune – et plus largement le département de l’Aude – comme un territoire « envahi » par les migrants, alors qu’il s’agissait, ni plus, ni moins, de prendre part à l’effort national d’accueil de populations fuyant des territoires en guerre, et de respecter alors le plus évident réflexe humanitaire.

Depuis cette tentative abjecte de manipulation, aucun habitant de Bram ne s’est offusqué, la vie quotidienne y est toujours aussi paisible et seule l’ultra extrême droite venue d’ailleurs est là pour déverser ses habituels immondices.

Aujourd’hui, le Département de l’Aude, comme l’ensemble des Départements de France, doit assumer l’accueil de mineurs non accompagnés  qui sont pris en charge comme l’ensemble des autres mineurs isolés, de quelque nationalité qu’ils soient, dans le cadre de la mission de protection de l’enfance assurée historiquement par les conseils départementaux.

Ni plus, ni moins !

Evidemment cette démarche de solidarité la plus élémentaire en  irrite certains. Ils préfèreraient sans doute que la société abandonne ces jeunes ne leur laissant alors d’autre choix  que de « traîner » dans les rues et d’être donc encore plus caricaturés par l’ultra droite qui se délecterait de cette situation.

A titre personnel, je suis fier que notre pays, la France, assume ses devoirs, même si ceux-ci devraient à l’évidence relever de la solidarité nationale et ne pas peser sur les finances des départements, aux moyens limités.

A titre personnel, surtout, je ne passe pas mon temps à avoir peur des personnes que je croise dans la rue ou des voisins que je côtoie.  Et pour tout dire, au vu des écrits abominables de certains, je préfère avoir pour voisin un réfugié qu’un militant de Civitas !

Réforme constitutionnelle : la copie est à revoir !

Le conseil des ministres du 9 mai 2018 a adopté le projet de loi constitutionnelle que le Président de la République et le Gouvernement entendent présenter devant le Parlement. Les réformes institutionnelles ne sont pas secondaires, et ce n’est pas parce que je suis constitutionnaliste que je le dis. Elles sont fondamentales et pour moi, en tant que citoyen, elles peuvent être la source d’avancées démocratiques essentielles ou, au contraire, facteurs de blocages dans notre société. Or, globalement, ce projet de réforme constitue une régression démocratique, confirmant les dérives « en marche » depuis un an.

Pour la première fois depuis 1958, les droits du Parlement sont affaiblis par une série de mesures potentiellement dangereuses : réduction des délais d’examen des textes financiers, extension du régime d’irrecevabilité préalable des amendements, procédure d’examen simplifié des lois sans garantie du respect des droits de l’opposition… Alors que depuis 1958 les gouvernements qui se sont succédé n’ont cessé de tenter de renforcer les pouvoirs du Parlement face à un exécutif tout puissant et à corriger cette dérive de la Ve République, la majorité actuelle veut au contraire accentuer ce phénomène.

Renouant avec l’antiparlementarisme, l’exécutif propose de réduire de plus de manière drastique le nombre de parlementaires. Une telle réforme, qui ne relève pas elle de la constitution, aboutirait à une plus faible représentativité et à des circonscriptions immenses. Elle distendrait l’indispensable lien de proximité entre parlementaires, citoyens et élus locaux. Elle déconnecterait le Parlement de la réalité des territoires. Ce qui est aujourd’hui la pratique de nombreux parlementaires souvent hors-sol de la majorité LREM deviendrait ainsi la norme. Cela conduirait aussi à affaiblir les groupes minoritaires en les empêchant de participer, dans de bonnes conditions, à l’élaboration de la loi et à l’évaluation de l’action gouvernementale.

Affaiblissant le Parlement, c’est bien la démocratie représentative qui se trouverait affaiblie, au profit d’un hyper-président toujours plus fort et pourtant toujours irresponsable politiquement. La combinaison de l’ensemble des mesures envisagées conduirait à aggraver le déséquilibre institutionnel originel de la Ve République dont la verticalité délétère serait confortée en exacerbant la domination présidentielle.

Certes, il existe quelques avancées positives que l’on ne peut passer sous silence dans cette réforme. Il en va ainsi de la suppression de la Cour de Justice de la République pour les ministres ou de la suppression du statut de membres de droit du Conseil Constitutionnel pour les anciens Président de la République.

Mais au global, cette réforme n’est pas à la hauteur de l’enjeu démocratique actuel. Ce n’est pas d’un Parlement affaibli dont la France a besoin mais d’un Parlement plus fort. Un Parlement où les députés devraient disposer de moyens juridiques et humains supplémentaires pour mieux contrôler, évaluer l’action du Gouvernement et surtout amender les projets de loi. Un Parlement où les sénateurs, suite à la belle réforme du précédent Gouvernement sur le non cumul des mandats, devraient disposer de moyens juridiques et humains supplémentaires également pour conforter notamment leur rôle de représentants des collectivités territoriales qui servent de variables d’ajustement budgétaire pour le Gouvernement alors qu’elles jouent un rôle fondamental dans le quotidien des français, plus aucune politique publique ne pouvant être menée sans elles.

Ces deux chambres sont un atout pour la France et ne doivent pas être considérées, comme c’est le cas au sein de la majorité actuelle, uniquement comme des facteurs potentiels de blocage de la volonté présidentielle qu’il faut affaiblir.

Gageons que les parlementaires qui, c’est une chance, vont avoir la main sur ce projet de réforme, seront le corriger pour renforcer leurs pouvoirs. Pas pour eux, mais pour la démocratie qui est toujours plus belle, plus forte quand elle est entre les mains de plusieurs et non d’un seul.

Mai, le joli mois de l’Europe

Le 12 mai 2018, je me suis engagé pour l’Europe en signant la première Charte des élus locaux de France pour la citoyenneté européenne.

Le samedi 12 mai 2018, l’Association des Maires de France et l’Association française du Conseil des Communes et Régions d’Europe (AFCCRE), ont organisé en partenariat avec la ville de Paris la première Conférence nationale sur les bonnes pratiques autour de l’Europe, dans le cadre du joli mois de l’Europe. Cette conférence nationale a réuni à l’Hôtel de ville de Paris des maires et élus locaux de France pour échanger sur le thème de la citoyenneté européenne et signer officiellement la première Charte des élus locaux de France pour la citoyenneté européenne.

Cette Charte marque l’engagement des élus de proximité à faire vivre la démocratie européenne dans leurs territoires. Les élus locaux ont en effet un rôle essentiel à jouer pour animer le lien entre les citoyens et l’Europe et pour rendre l’Europe concrète et présente au quotidien. En signant la Charte, les élus locaux s’engagent à informer leurs administrés sur les réalisations de l’Union européenne, sur la citoyenneté européenne et sur les droits et les valeurs qu’elle incarne. C’est ce que nous avons fait récemment dans l’Aude par exemple en organisant un dialogue citoyen qui a connu un grand succès autour de la question du Brexit.

Le mois de mai, un mois symbolique pour l’Europe

Chaque année, la Journée de l’Europe est célébrée le 9 mai dans l’ensemble des États membres afin de rendre hommage à la date fondatrice que fut le 9 mai 1950. Ce jour-là, un appel à la mise en commun des productions française et allemande de charbon et d’acier sous une autorité internationale est lancé par Jean Monnet et Robert Schuman lors d’une déclaration historique dans le salon de l’Horloge du Quai d’Orsay. Visant à assurer la paix en Europe, ce projet est aujourd’hui considéré comme l’acte de naissance de la construction européenne.

Dans toute la France, cet anniversaire est célébré tout au long du mois de mai, sous le label du « Joli mois de l’Europe », qui rassemble tous les événements célébrant l’Europe pendant cette période, organisé sous l’impulsion des autorités de gestion des fonds européens en région. Le Joli mois de l’Europe, ce sont des centaines d’événements partout en France, à Paris et en régions, pour célébrer l’Europe : visites de projets financés par l’UE, expositions comme celle qui se trouve actuellement dans le hall d’accueil du conseil départemental de l’Aude*, concours-photos, animations, balades et découvertes, débats, conférences … pour tous les publics. À un an des élections européennes de mai 2019, cet évènement prend une dimension encore plus importante pour rassembler les citoyens autour de thématiques européennes.

*Le Département de l’Aude, en partenariat avec Europe Direct Pyrénées, présente du 9 au 18 mai 2018 une exposition intitulée « Unions Européennes ». Elle est située dans le Hall d’accueil de l’hôtel du département, allée Raymond Courrière, à Carcassonne. C’est une très jolie exposition photo qui constitue une belle illustration de la devise de l’Union Européenne « Unis dans la diversité ». Le photographe auteur de cette exposition a sillonné l’Europe et la France à la rencontre des familles binationales dont les parents se sont connus à l’occasion d’un séjour d’études effectué dans le cadre du programme Erasmus. Cela donne une approche profondément humaniste et qui permet de démontrer l’enrichissement apporté par la rencontre des cultures, dans une Europe qui présente des visages multiples et souriants.Site internet : http://www.aude.fr/

Au service de la République française

L’émotion était palpable, lisible sur les visages de chacun d’entre nous, présents ce matin dans la cour des Invalides, comme sûrement sur les visages des millions de personnes qui ont suivi la cérémonie en direct à la télévision.

Ce 28 mars 2018, à 11h30, la République a rendu hommage à l’un de ses enfants, l’un de ses héros, le colonel Arnaud Beltrame.

Dans les propos du président Macron, comme dans la symbolique et le décorum qui l’entouraient, il était question de République et de cohésion nationale. L’hommage est solennel, émouvant, intense. A la hauteur de l’acte héroïque du lieutenant-colonel de gendarmerie. A la hauteur de nos valeurs universelles : Liberté, Egalité, Fraternité.

Un moment de cohésion nationale indispensable au lendemain des terribles drames  que nous avons vécus.

Un moment de cohésion nationale à la hauteur du geste d’humanité absolue de cet homme qui avait choisi le département de l’Aude pour exercer sa mission au service de tous.

Un moment que je ne suis pas près d’oublier, que nous ne sommes pas près d’oublier.

La santé des Français ne doit pas souffrir de postures idéologiques

C’est à l’unanimité que les élus du conseil départemental ont adopté le 22 décembre dernier le renforcement des mesures pour lutter contre la désertification médicale et s’efforcer de rendre notre territoire attractif pour les médecins et futurs médecins, internes en médecine.

Nous avons pris ces mesures considérant qu’il était de notre devoir de nous engager pour défendre la santé des audoises et des audois, enjeu majeur pour une vie harmonieuse dans nos territoires.

Nous l’avons fait, étant aussi pleinement conscients que, face à la pénurie de médecins qui ne fait que commencer et qui s’annonce très inquiétante dans les 3 à 5 ans à venir, rien ne serait possible sans une action volontariste et courageuse de l’Etat à notre côté !

C’est ce que nous avons exprimé dans le vote d’une motion en appelant à cette mobilisation au plus haut niveau.

Le constat est simple : face à une répartition très inégalitaire des médecins au niveau national, la seule solution consiste à pousser à l’installation dans les territoires sous dotés, le cas échéant, en remettant en cause, même de manière provisoire, la libre installation des jeunes médecins.

Pourquoi, par exemple, ne pas envisager d’obliger certains médecins en début de carrière d’exercer quelques années dans un territoire sous doté ?

Loin d’un débat idéologique sur la libre installation des médecins, il s’agit aujourd’hui de répondre à l’intérêt général sanitaire de nos populations.

Malheureusement, c’est bel et bien caricaturalement que le débat s’est posé à l’Assemblée nationale le 10 janvier dernier.

En effet, le groupe des députés socialistes Nouvelle Gauche a fait une proposition de loi, prônant le conventionnement territorial des médecins et visant à empêcher les installations dans les territoires sur-dotés pour lutter contre la désertification médicale, avec le soutien des députés de la France Insoumise et de l’UDI. En commission des affaires sociales, les députés En Marche et les Républicains se sont unis pour rejeter immédiatement cette proposition audacieuse avec une posture idéologique, à savoir la défense de la libre installation.

Les députés auront l’occasion de se ressaisir lors du vote en séance publique du 18 janvier prochain. Nous y serons très attentifs tant ce débat est crucial pour l’avenir de notre Departement et de ses habitants.