Un nouveau défi 

Chers amis,

Depuis des années, nous échangeons ici sur ce qui fait mon quotidien d’élu local. Je me suis engagé à partager mes visites de terrain, mes projets pour l’Aude, mes idées pour l’avenir.
Président d’un département rural, j’oeuvre pour la défense de cet échelon institutionnel auquel je crois foncièrement. C’est ainsi que, porte-parole des départements de gauche au sein de l’Assemblée des Départements de France, j’ai été en première ligne dans les débats sur la réforme territoriale comme dans la renégociation de la gestion du RSA.
Aujourd’hui, je me lance un nouveau défi et je voulais une nouvelle fois le partager avec vous, avant que la presse n’en rende compte.
J’ai décidé de me porter candidat aux élections législatives dans la troisième circonscription de l’Aude, celle qui m’est si chère. J’y ai fait mes premiers pas dans la vie, j’y vis, j’y ai accédé à mes premières responsabilités, comme conseiller municipal puis maire de Bram, comme conseiller départemental et enfin Président du département. Le député sortant, Jean-Paul Dupré, a annoncé lundi son choix de ne pas se représenter préférant, à l’aune de la loi sur le non cumul des mandats, poursuivre son action de maire de Limoux, sa ville à laquelle il est foncièrement attaché.
Bien sûr, je me posais la question depuis quelques temps, mais de loin, sans aucune certitude. Aujourd’hui, il n’est plus temps de s’interroger, j’ai rendez-vous avec cette nouvelle étape et je ne me déroberai pas.
D’abord, parce que la loi sur le non cumul des mandats va foncièrement modifier la représentation parlementaire à Paris. De nombreux élus locaux et enracinés feront souvent le choix du local au détriment du national, laissant la place à des élus de la nation sans ou avec une moindre expérience locale. Nous ne pouvons pas imaginer un parlement totalement hors-sol, sans connaissance ni expérience du travail de terrain et de la vie des collectivités locales. Celles-ci ont déjà failli subir des conséquences néfastes de réformes déconnectées de nos réalités quotidiennes, et mon travail à l’Assemblée des Départements de France, avec mes collègues, aura justement été de les défendre. Heureusement que nous avions alors des relais au gouvernement et dans les Assemblées. Mais demain, qu’en sera-t-il ? Je veux pouvoir être présent pour revendiquer cette voix de la ruralité et des territoires.
Ensuite, cette candidature est une nouvelle étape dans un cheminement d’élu qui du local, au départemental puis au national envisage toutes les manières d’être au service des Audois-es.

Un député est, me semble-t-il, d’autant plus utile et efficace qu’il a, en fond d’écran, l’action de terrain qu’il connaît et a pu mener. Il est alors dans une dynamique de territoire. Je veux être cet acteur des décisions qui compteront ici mais qui se prendront « là-haut », si les militants socialistes puis les Audois-es en font le choix.

Enfin, ce n’est pas souvent que je mets en avant ma carrière professionnelle mais aujourd’hui, je dirais que j’ai envie, en tant que prof de droit constitutionnel d’aller au sein même de l’hémicycle, être de ceux qui travaillent à l’édification et à la sauvegarde de notre Etat de droit, que certains n’hésitent pas à remettre en question. Je souhaite ne plus être dans le commentaire de la loi mais dans sa conception en me servant, dans cette nouvelle fonction, de ce que j’ai appris au contact du terrain, des Audois-es et des élu-es locaux-ales, pour lesquel-les parfois, la législation, voire la sur-législation devient un obstacle à l’action.
Une nouvelle période s’ouvre pour moi. Je suis d’abord candidat à la candidature puisque je vais passer par le vote des militants du Parti socialiste. Et ensuite, s’ils me désignent, j’engagerai une campagne de terrain, au devant de vous.
Allons-y. Il est venu ce temps…

Vers une relance de l’Europe ? Avec les jeunes !

C'était une semaine spéciale : discours sur l'état de l'Union de Jean-Claude Juncker quelques jours après le discours d'Emmanuel Macron à Athènes… Les vents semblent se remettre à souffler, positivement, dans les voiles de l'Union Européenne.

Si je partage totalement cette phrase de Macron "Lorsque l’Europe s’arrête, elle se trahit elle-même et elle court le risque de se démanteler", qui rejoint celle de Juncker "Helmut Kohl et Jacques Delors m'ont appris que l'Europe n'avance que quand elle fait preuve d'audace", on constate cependant des différences d'approche entre eux, loin d'être anecdotiques.
Mais l'heure n'est pas à trancher ces différences. L'essentiel est que, comme j'ai eu l'occasion de le dire, le débat soit relancé.
Alors oui à la refondation de l'Europe, mais pour quelle Europe ? La réponse ne doit pas être monopolisée par les chefs d'Etat. Elle doit être donnée par les citoyens.
Consultons-les ! Échangeons, débattons, profitons de cette "éclaircie" européenne pour relancer la réflexion. Il est temps de reprendre le flambeau de cet idéal européen. N'attendons pas que l'horizon s'obscurcisse à nouveau.

Et quoi de mieux pour finir cette semaine qu'une action départementale très concrète pour avancer vers cet idéal. J'ai été très heureux de lancer à Carcassonne la carte jeunes européenne en partenariat avec la carte départementale bien connue Acti City. Cette carte facilitera la mobilité des jeunes Audois.es de faciliter leur mobilité en Europe et, à l'inverse, permettra à des jeunes européens de venir découvrir notre Département.

C'est la première fois que la carte jeunes européenne signe un partenariat à l'échelon départemental ! Une fierté pour nous. Car qui mieux que les jeunes pour reprendre le flambeau de l'idéal européen ?

« L’asile est un droit et une obligation internationale »

Je tenais à partager ce communiqué des eurodéputés socialistes et radicaux, publié suite au rejet par le président de la commission européenne de la demande du premier ministre hongrois en vue de contribuer financièrement à la politique migratoire très restrictive de son pays.

« Les eurodéputés socialistes et radicaux se félicitent du rejet par la CJUE des recours de la Slovaquie et de la Hongrie contre le mécanisme de relocalisation des demandeurs d’asile.

La Cour de Justice de l’Union européenne a aujourd’hui pris une décision profondément européenne en rejetant les recours de la Slovaquie et de la Hongrie contre le mécanisme de relocalisation des demandeurs d’asile.

Pour rappel, en 2015, afin de répondre à l’urgence humanitaire à laquelle l’Italie et la Grèce devaient faire face avec un afflux de migrants sans précédent, les États membres avaient accepté le principe de relocalisation de  160 000 personnes déplacées depuis ces deux pays vers d’autres États membres.

Nous avions salué à l’époque une avancée de taille, tout en condamnant le choix démagogique et dangereux pour l’Europe de ceux – Hongrie, Slovaquie, Roumanie et République Tchèque – qui avaient voté contre.

Pour nous, c’est un principe non négociable : la solidarité ne fonctionne pas à sens unique !

Maintenant, nous devons aller plus loin : les États membres ne tiennent pas suffisamment leurs engagements en matière de relocalisation. Nous voulons des sanctions contre ceux qui s’affranchissent de leur devoir de solidarité. Il faut aussi penser sur le long terme, même si nous savons que la relocalisation seule ne suffira pas.

L’asile est un droit et une obligation internationale, nous devons tout faire pour que ce droit soit effectif. L’arrêt rendu aujourd’hui est un nouveau pas dans ce sens. »

Ainsi que l’a indiqué le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, en réponse à une requête du premier ministre hongrois, Viktor Orban, la solidarité n’est pas « un plat à la carte » mais « une route à deux voies ».

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Europe, les français y croient plus que jamais !

Enfin une nouvelle enthousiasmante à la lecture de la presse ce matin et de ce titre : « Europe, les français y croient plus que jamais ! » Serait-ce la fin du désamour ?
Il semblerait en tout cas que les mentalités évoluent. En effet, 56% des européens sont optimistes et font confiance à l’UE  (+6% en un an avec, en France, un taux de 55% soit +14%). Mieux !, les européens ont désormais une image positive de l’UE à 40% (+5% en un an avec en France un taux également de 40% mais une progression de +11%). Enfin, eu égard à la citoyenneté européenne, il y a désormais un sentiment d’appartenance à l’UE de 68% des européens, score jamais atteint en ce 60ème anniversaire du traité de Rome.
La voie semble s’ouvrir pour engager une profonde réforme allant dans le sens de ce qu’attendent les citoyens de l’Europe, plus particulièrement les français. Sur ce point, j’ai toujours dit que je me trouvais en phase avec le volontarisme d’Emmanuel Macron. Il est profondément pro-européen, moi aussi. À ce titre, il a bien fait de mettre sur la table le sujet des travailleurs détachés. Est ce une bonne méthode que de le faire en se confrontant aux autres et en tentant d’isoler la Pologne ? L’avenir nous le dira. J’espère que cet épisode débouchera sur des avancées en octobre prochain avant d’engager une réflexion citoyenne sur l’avenir de l’Europe. Car là est l’essentiel. Je m’y engagerai avec conviction. Si le Président de la République met en place les conventions démocratiques citoyennes pour relancer l’UE qu’il a annoncées durant la campagne électorale, il faudra que nous tous nous saisissions de cette opportunité. Profitions du changement de mentalité qui s’esquisse pour aller de l’avant. J’y prendrai ma part. Et même si les désaccords avec le Président commencent à être nombreux en cette rentrée, il faudra savoir dépasser nos différences pour que l’idéal européen reprenne vie.

Une feuille de route claire

Ce week-end, j’étais à Paris pour évoquer le calendrier de refondation du Parti Socialiste. C’est un chantier dans lequel j’ai souhaité m’engager dès le printemps dernier en signant une tribune avec plusieurs quadras (« Se mobiliser aujourd’hui pour réinventer la gauche de demain » Libération 21 mai 2017).

Je suis convaincu que cette feuille de route ne pourra porter ses fruits que si les militants et, très vite au-delà, les sympathisants, se saisissent de la refondation.

Le congrès et les prochaines échéances électorales ne doivent pas être au cœur de nos réflexions  en ce moment. Nous devons parler du fond, de notre projet pour la France et sortir de ce débat dans lequel certains essaient de nous enfermer entre ceux qui considèrent que l’alpha et l’oméga consiste à dire que tout ce que nous avons fait pendant 5 ans était bien, et ceux qui considèrent que tout était négatif dans ce quinquennat. Les choses ne sont pas aussi binaires, comme toujours. Mais si l’on veut éviter une bataille d’ego, il faut que tout un chacun s’implique, sans arrière pensée. Ce travail sera long mais il nous faut prendre le temps pour ne pas retomber dans les travers du passé. Et surtout il faut rejouer collectif., mettre l’intérêt des idées que nous portons avant, bien avant l’intérêt de celles et ceux qui vont les incarner.

Nous avons la feuille de route. À nous tous d’écrire ces nouvelles pages du socialisme car je suis convaincu également, comme l’a dit Olivier Faure à La Rochelle il y a quelques jours, que « nous ne sommes pas les derniers socialistes mais au contraire les premiers de cordée d’une ascension nouvelle ».

Non, l’aide publique au développement ne doit pas être une variable d’ajustement budgétaire !

Le Gouvernement recherche des marges de manoeuvre dans le budget, des « économies ». Et l’aide au développement fait douloureusement les frais de cette politique budgétaire. Ainsi, Gérald Darmanin a annoncé que l’enveloppe du ministère des affaires étrangères sera amputée de 282 millions d’euros, « dont la moitié sera de la baisse de l’aide publique au développement », soit une coupe budgétaire de plus de 140 millions d’euros. Cette décision va totalement à contre courant du sens de l’histoire.

Les pays en voie de développement sont les premiers et les plus touchés par toutes les crises qui percutent notre monde : l’emballement climatique dont la responsabilité des pays du nord est réelle, crise économique notamment dû au pillage des ressources par les multinationales occidentales, crise politique, et enfin conflits armés principalement autour de l’extrémisme islamiste.

Les Pays du sud souffrent et ils ont plus que jamais besoin de l’Aide publique au développement pour trouver des solutions. Et au delà, s’il ne fallait être que pragmatique, aider le sud, c’est engager un programme gagnant – gagnant. Donner de l’activité et de la croissance aux pays du sud revient à fixer leurs populations qui retrouveraient ainsi un espoir, un moyen de vivre sur place sans partir en quête d’un hypothétique eldorado. De plus, dans un monde globalisé, plus les espaces en croissance sont nombreux, mieux l’économie mondialisée se porte. Il ne faut plus considérer nos espaces comme déconnectés les uns des autres. Prendre la décision de participer au décrochage d’une partie des pays du sud, c’est refuser de voir cette interconnexion et pire c’est permettre l’accroissement du fossé entre les pays du nord et les pays du sud. Jusqu’où ? Jusqu’à ce que le fossé ne puisse plus être comblé et laisser alors le soin à d’autres de le réduire de la pire des manières : l’asservissement politique à la manière de l’Etat islamique ?

Notre devoir est de les aider, sans discussion, en recherchant inlassablement à faire profiter au plus grand nombre du droit au développement et à la croissance qu’en son temps, l’Europe a eu. Jamais nous ne devons renoncer à nos idéaux, et le premier d’entre eux est pour nous, peuple issu des Lumières, l’accès à la liberté et à l’épanouissement collectif et individuel. Nous ne pouvons pas admettre qu’une partie de plus en plus grande de l’humanité soit en souffrance alors que nous avons les moyens d’y remédier. C’est un devoir que notre histoire nous a confié, ne l’oublions jamais.

Notre responsabilité est immense et j’avais voulu au moment de la Présidentielle, fidèle à mon engagement en faveur de la coopération, notamment décentralisée, m’associer aux démarches de sensibilisation des candidats pour faire de ce sujet un vrai sujet de débat et d’engagement de leur part. La décision prise par le gouvernement démontre à quel point ces inquiétudes étaient légitimes. Aujourd’hui, comme trop souvent dans notre histoire contemporaine, l’Aide publique au développement fait les frais d’une vision court-terministe et égocentrée du monde et de la place de la France en tant que nation responsable et engagée dans le monde et son devenir.

Oui, je suis toujours rocardien…

Un internaute a réagi à mon précédent post « De vous à moi… » publié au lendemain du second tour des élections législatives.

Il pense y lire mon « désarroi face à la défaite » et me reproche « de mettre mon parti avant mes convictions ». Il rappelle que je suis « un élève de Rocard, ce qui plait à de nombreux socialistes » et semble regretter que mon billet « montre une facette « partisane ».»« Assumez ce en quoi vous croyez et si c’est de combattre totalement En Marche, expliquez quelle logique vous y amène. Parce que là, on ne comprend pas cette évolution. » m’invite-t-il, car « De vous à moi, reconstruisez le PS si vous arrivez à le convaincre que la social-démocratie est la seule gauche capable de progrès pour nos enfants. Assumez vos convictions et quittez-le sinon. Y rester avec une ligne de critique permanente du gouvernement, autant que vous rejoignez la France Insoumise. Y rester pour appuyer vers la gauche son action, ce serait cela de la fidélité. »
Je tiens à répondre à ce commentaire car il me permet d’approfondir mes arguments.
Pas de désarroi, mais beaucoup d’interrogations, je l’admets. Le temps politique qui s’est ouvert avec le renoncement de Francois Hollande a obligé chacun de nous – et surtout les socialistes- à s’interroger sur l’avenir et donc sur le positionnement vis-à-vis de celui qui est aujourd’hui président de la République.

Oui, j’étais et je suis encore rocardien et je ne renie rien de mon profond attachement à l’homme politique et au penseur.

Se revendiquer du parti socialiste n’est pas « montrer une facette partisane », comme si être partisan devenait une sorte d’injure, de minoration de son engagement. D’autant plus qu’il serait plus aisé aujourd’hui de gommer cette identité. Or, pour moi, elle est viscérale et je ne suivrai pas l’air du temps en la reniant.

Comme Rocard, je pense que les partis politiques doivent structurer la vie politique. D’ailleurs, le mouvement citoyen, En Marche, est rapidement devenu, dès après l’élection, un parti politique « comme un autre » parce qu’il est utopique de penser que la vie politique puisse s’organiser en dehors des formations qui structurent le débat et permettent au citoyen de se « situer » idéologiquement.

Ce n’est pas parce que les structures partisanes ont failli par leurs méthodes d’animation et de recrutement, ce n’est pas parce qu’elles sont dévitalisées par l’usure successive du pouvoir, qu’il faut pour autant les passer par dessus bord. Bien au contraire ! La démocratie a besoin d’outils et les partis en sont un. A nous tous, citoyens et élus de les inventer à nouveau pour leur permettre de supporter les évolutions de notre temps. Nous avons par confort et habitude, trop tardé à le faire, oui, c’est évident.

Rocard, lui-même quand le «phénomène » Macron est apparu, n’a pas manqué de cibler ces ambiguïtés alors que ce dernier se revendiquait de son héritage, en une phrase testamentaire : «Jeune socialiste, je suis allé chez les partis suédois, néerlandais et allemand, pour voir comment ça marchait. Le pauvre Macron est ignorant de tout cela. La conscience de porter une histoire collective a disparu, or, elle était notre ciment.»

Vous pensez que la logique de mon attachement rocardien impliquerait que je ne m’oppose pas au pouvoir en place, au nom du réformisme et de la modernité. Mais justement ! Les convictions de Rocard l’amenaient à avoir certes une vision ouverte de l’économie (ouverte mais non libérale !) mais en contrepartie, il proposait des évolutions sociales et sociétales fortes. Et surtout, contrairement à Macron, il pensait que l’épanouissement des citoyens passait non pas seulement par le travail mais par un développement personnel et collectif basé sur les arts, la culture, les loisirs, une sorte de post-modernité et par une parfaite intégration au sein de la société. Nous sommes loin de la pensée macronienne pour qui seul le travail fait l’homme, ce qui implique que les personnes exclues du monde du travail seraient des citoyens de seconde zone (rappelez-vous ses assertions sur les chauffeurs Uber). N’oubliez pas que c’est Michel Rocard qui a inventé le Revenu minimum d’insertion (RMI devenu RSA), parce que justement il voulait inclure tous les citoyens dans un avenir commun.

Un dernier point sur la question de l’opposition systématique. Ce n’est pas dans mes gènes politiques. Je veux que la France réussisse mais pour cela il faut que le collectif fonctionne. Il ne faut pas que la France s’organise à plusieurs vitesses et j’ai de très grandes inquiétudes sur cette question. D’où une vigilance extrême qui n’a rien de commun avec une opposition systématique, stérile et abêtissante.

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