Fonds d’urgence, l’Etat n’est pas au rendez-vous !

L’Aude ne sera pas parmi les bénéficiaires du fonds de soutien exceptionnel de 100 millions d’euros attribué aux départements en difficulté. L’année dernière pourtant, nous avions été parmi ceux que l’Etat avait aidé au regard de l’ampleur de nos dépenses sociales.

La raison pour laquelle nous n’y sommes pas cette année ?

Nous sommes de bons gestionnaires, rigoureux dans la maîtrise des dépenses publiques !!

En effet, pour 2017, le gouvernement a choisi de retenir comme critère principal le taux d’épargne brute, c’est-à-dire notre autofinancement, qui est la capacité à financer des investissements sans avoir recours à l’emprunt. Donc sans nous endetter. Et notre taux d’épargne brute est plutôt bon, supérieur au seuil en-deçà duquel les départements deviennent éligibles au fonds de soutien.

Etait-il moins bon l’année dernière me demanderez-vous alors ? Eh bien non.

Simplement, le gouvernement, en 2016, avait pris en compte comme critère principal le « reste à charge » des différentes allocations que verse le Département pour le compte de la solidarité nationale. Et comme l’Etat ne compense pas bien le versement des allocations au Département de l’Aude, loin s’en faut, ce reste à charge est élevé.

Ainsi, en 2016, le gouvernement avait décidé de soutenir les départements qui font face à des situations sociales difficiles. À ce titre, comme nous, les Pyrénées-Orientales et le Gard, deux autres territoires de l’ex-Languedoc-Roussillon avaient été dotés d’une subvention exceptionnelle, ce qui est logique lorsque l’on sait les difficultés sociales dans lesquelles se trouve une partie de nos populations.

En 2017, l’Etat a décidé de soutenir les départements en grande difficulté financière, la situation au regard des allocations de solidarité devenant secondaire… et donc le fonds pouvant aller parfois à des départements qui ne sont pas soumis à la forte pression de ces allocations.

Révoltant ! L’Aude, Les PO, le Gard n’en sont plus ! Notre santé financière n’est pas (encore) suffisamment catastrophique. Sauf qu’à ne pas répondre, ni sur le long terme par une juste compensation des trois allocations individuelles de solidarité, ni sur le court terme par un fonds d’urgence fondé sur des critères sociaux, notre situation budgétaire va vite se dégrader…

Un nouveau défi 

Chers amis,

Depuis des années, nous échangeons ici sur ce qui fait mon quotidien d’élu local. Je me suis engagé à partager mes visites de terrain, mes projets pour l’Aude, mes idées pour l’avenir.
Président d’un département rural, j’oeuvre pour la défense de cet échelon institutionnel auquel je crois foncièrement. C’est ainsi que, porte-parole des départements de gauche au sein de l’Assemblée des Départements de France, j’ai été en première ligne dans les débats sur la réforme territoriale comme dans la renégociation de la gestion du RSA.
Aujourd’hui, je me lance un nouveau défi et je voulais une nouvelle fois le partager avec vous, avant que la presse n’en rende compte.
J’ai décidé de me porter candidat aux élections législatives dans la troisième circonscription de l’Aude, celle qui m’est si chère. J’y ai fait mes premiers pas dans la vie, j’y vis, j’y ai accédé à mes premières responsabilités, comme conseiller municipal puis maire de Bram, comme conseiller départemental et enfin Président du département. Le député sortant, Jean-Paul Dupré, a annoncé lundi son choix de ne pas se représenter préférant, à l’aune de la loi sur le non cumul des mandats, poursuivre son action de maire de Limoux, sa ville à laquelle il est foncièrement attaché.
Bien sûr, je me posais la question depuis quelques temps, mais de loin, sans aucune certitude. Aujourd’hui, il n’est plus temps de s’interroger, j’ai rendez-vous avec cette nouvelle étape et je ne me déroberai pas.
D’abord, parce que la loi sur le non cumul des mandats va foncièrement modifier la représentation parlementaire à Paris. De nombreux élus locaux et enracinés feront souvent le choix du local au détriment du national, laissant la place à des élus de la nation sans ou avec une moindre expérience locale. Nous ne pouvons pas imaginer un parlement totalement hors-sol, sans connaissance ni expérience du travail de terrain et de la vie des collectivités locales. Celles-ci ont déjà failli subir des conséquences néfastes de réformes déconnectées de nos réalités quotidiennes, et mon travail à l’Assemblée des Départements de France, avec mes collègues, aura justement été de les défendre. Heureusement que nous avions alors des relais au gouvernement et dans les Assemblées. Mais demain, qu’en sera-t-il ? Je veux pouvoir être présent pour revendiquer cette voix de la ruralité et des territoires.
Ensuite, cette candidature est une nouvelle étape dans un cheminement d’élu qui du local, au départemental puis au national envisage toutes les manières d’être au service des Audois-es.

Un député est, me semble-t-il, d’autant plus utile et efficace qu’il a, en fond d’écran, l’action de terrain qu’il connaît et a pu mener. Il est alors dans une dynamique de territoire. Je veux être cet acteur des décisions qui compteront ici mais qui se prendront « là-haut », si les militants socialistes puis les Audois-es en font le choix.

Enfin, ce n’est pas souvent que je mets en avant ma carrière professionnelle mais aujourd’hui, je dirais que j’ai envie, en tant que prof de droit constitutionnel d’aller au sein même de l’hémicycle, être de ceux qui travaillent à l’édification et à la sauvegarde de notre Etat de droit, que certains n’hésitent pas à remettre en question. Je souhaite ne plus être dans le commentaire de la loi mais dans sa conception en me servant, dans cette nouvelle fonction, de ce que j’ai appris au contact du terrain, des Audois-es et des élu-es locaux-ales, pour lesquel-les parfois, la législation, voire la sur-législation devient un obstacle à l’action.
Une nouvelle période s’ouvre pour moi. Je suis d’abord candidat à la candidature puisque je vais passer par le vote des militants du Parti socialiste. Et ensuite, s’ils me désignent, j’engagerai une campagne de terrain, au devant de vous.
Allons-y. Il est venu ce temps…

La santé des Français ne doit pas souffrir de postures idéologiques

C’est à l’unanimité que les élus du conseil départemental ont adopté le 22 décembre dernier le renforcement des mesures pour lutter contre la désertification médicale et s’efforcer de rendre notre territoire attractif pour les médecins et futurs médecins, internes en médecine.

Nous avons pris ces mesures considérant qu’il était de notre devoir de nous engager pour défendre la santé des audoises et des audois, enjeu majeur pour une vie harmonieuse dans nos territoires.

Nous l’avons fait, étant aussi pleinement conscients que, face à la pénurie de médecins qui ne fait que commencer et qui s’annonce très inquiétante dans les 3 à 5 ans à venir, rien ne serait possible sans une action volontariste et courageuse de l’Etat à notre côté !

C’est ce que nous avons exprimé dans le vote d’une motion en appelant à cette mobilisation au plus haut niveau.

Le constat est simple : face à une répartition très inégalitaire des médecins au niveau national, la seule solution consiste à pousser à l’installation dans les territoires sous dotés, le cas échéant, en remettant en cause, même de manière provisoire, la libre installation des jeunes médecins.

Pourquoi, par exemple, ne pas envisager d’obliger certains médecins en début de carrière d’exercer quelques années dans un territoire sous doté ?

Loin d’un débat idéologique sur la libre installation des médecins, il s’agit aujourd’hui de répondre à l’intérêt général sanitaire de nos populations.

Malheureusement, c’est bel et bien caricaturalement que le débat s’est posé à l’Assemblée nationale le 10 janvier dernier.

En effet, le groupe des députés socialistes Nouvelle Gauche a fait une proposition de loi, prônant le conventionnement territorial des médecins et visant à empêcher les installations dans les territoires sur-dotés pour lutter contre la désertification médicale, avec le soutien des députés de la France Insoumise et de l’UDI. En commission des affaires sociales, les députés En Marche et les Républicains se sont unis pour rejeter immédiatement cette proposition audacieuse avec une posture idéologique, à savoir la défense de la libre installation.

Les députés auront l’occasion de se ressaisir lors du vote en séance publique du 18 janvier prochain. Nous y serons très attentifs tant ce débat est crucial pour l’avenir de notre Departement et de ses habitants.

« pourquoi nous allons tester le revenu universel dans nos départements »

Ce sujet a déchiré ma famille politique. N’attendons pas 5 ans pour en reparler. Discutons, expérimentons. Débattons de cette réforme qui peut prendre des formes diverses. Soyons les défricheurs des possibles. Retrouvez la tribune que je viens de publier avec 7 autres présidents de Département dans le JDD.

« La réflexion autour du revenu de base n’est pas nouvelle dans l’histoire de nos sociétés. Elle questionne tant les projets de vie que les rapports sociaux. Le revenu de base ne laisse personne indifférent, qu’on le défende ou qu’on le pourfende. Présidents de huit départements, nous décidons aujourd’hui de nous saisir de ce débat. Sans dogmatisme, sans certitudes, mais avec l’intuition que son émergence est l’occasion de porter un nouveau regard sur les défis du présent. Chefs de file des solidarités, nous sommes en prise avec le monde vécu et quotidien de nos concitoyens. Nous qui gérons le Revenu de solidarité active (RSA), nous mesurons tous les jours le rôle essentiel d’un filet de sécurité contre la grande pauvreté mais aussi ses limites.  » Lire la suite sur lejdd.fr

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Quelques réactions au discours d’E. Macron sur la refondation de l’Europe

Il y a comme cela des coïncidences. En ce lendemain de discours du président de la République sur sa vision de la refondation de l’Europe, me voilà à Bruxelles, au Comité des Régions, le Parlement des territoires de l’U.E.

Pendant toute la journée, nous débattons avec des élus locaux de toute l’Europe de sujets très concrets pour le quotidien de nos concitoyens.

Et dans les couloirs, nous échangeons sur l’actualité. Et bien sûr aujourd’hui c’est le discours d’Emmanuel Macron qui est au centre des discussions. Intéressant de voir la perception de nos partenaires européens : discours ambitieux pour les uns, trop ambitieux pour les autres, certains veulent aller de l’avant, d’autres n’acceptent pas qu’une « avant-garde » à quelques pays puisse se constituer.

Bref, le débat est lancé, et bien lancé. Et c’est là l’essentiel. Par delà les divergences que je puis avoir avec Emmanuel Macron sur de nombreux dossiers, notamment au plan économique, je lui sais gré d’avoir cette ambition européenne, cette volonté de vouloir faire avancer l’idéal européen. Peut-être ne serons-nous pas d’accord sur tout, mais je partage ce point essentiel, déjà développé par Jacques Delors, il y a de nombreuses années, qu’il faut désormais permettre à quelques pays d’aller de l’avant sans que d’autres puissent les en empêcher. Des propositions concrètes ont été faites, nous verrons si nos partenaires européens y sont favorables. J’en citerai quelques unes, que je soutiens, comme le fait que tous les jeunes européens, étudiants ou apprentis, puissent passer 6 mois dans un autre pays européen avant leur 25 ans. Ou encore l’idée d’une taxe sur les transactions financières (l’idée n’est pas nouvelle!) pour financer l’aide au développement (mais sur ce point le Gouvernement devrait être plus exemplaire sur l’objectif d’atteindre les 0,7% du PIB consacrés à l’aide au développement en France)…

Les dossiers sont sur la table. Surtout faisons tout collectivement pour que les peuples participent à cette réflexion sur la refondation de l’Europe. Emmanuel Macron propose des conventions démocratiques en 2018 pour ce faire. Veillons à ce qu’elles soient ouvertes à tous, et surtout sortons du jargon européen dans ces réunions. Je ferai tout à mon niveau pour que les Audoises et les Audois donnent leur avis et participent. Il en va de l’avenir de l’Europe, de la France. Et cela ne pourra se faire, ne doit pas se faire, sans la participation des citoyens.

 

Dernière minute : dans l’optique justement de développer les échanges sur l’Europe, le Département de l’Aude organisera avec l’Agence de Développement Rural Europe et Territoires une journée au bord du canal dans le cadre de l’initiative « l’Europe au fil de l’eau ». Ce sera le samedi 14 octobre, à Carcassonne, au bord du canal du midi, face à la gare SNCF. 

Vers une relance de l’Europe ? Avec les jeunes !

C'était une semaine spéciale : discours sur l'état de l'Union de Jean-Claude Juncker quelques jours après le discours d'Emmanuel Macron à Athènes… Les vents semblent se remettre à souffler, positivement, dans les voiles de l'Union Européenne.

Si je partage totalement cette phrase de Macron "Lorsque l’Europe s’arrête, elle se trahit elle-même et elle court le risque de se démanteler", qui rejoint celle de Juncker "Helmut Kohl et Jacques Delors m'ont appris que l'Europe n'avance que quand elle fait preuve d'audace", on constate cependant des différences d'approche entre eux, loin d'être anecdotiques.
Mais l'heure n'est pas à trancher ces différences. L'essentiel est que, comme j'ai eu l'occasion de le dire, le débat soit relancé.
Alors oui à la refondation de l'Europe, mais pour quelle Europe ? La réponse ne doit pas être monopolisée par les chefs d'Etat. Elle doit être donnée par les citoyens.
Consultons-les ! Échangeons, débattons, profitons de cette "éclaircie" européenne pour relancer la réflexion. Il est temps de reprendre le flambeau de cet idéal européen. N'attendons pas que l'horizon s'obscurcisse à nouveau.

Et quoi de mieux pour finir cette semaine qu'une action départementale très concrète pour avancer vers cet idéal. J'ai été très heureux de lancer à Carcassonne la carte jeunes européenne en partenariat avec la carte départementale bien connue Acti City. Cette carte facilitera la mobilité des jeunes Audois.es de faciliter leur mobilité en Europe et, à l'inverse, permettra à des jeunes européens de venir découvrir notre Département.

C'est la première fois que la carte jeunes européenne signe un partenariat à l'échelon départemental ! Une fierté pour nous. Car qui mieux que les jeunes pour reprendre le flambeau de l'idéal européen ?

« L’asile est un droit et une obligation internationale »

Je tenais à partager ce communiqué des eurodéputés socialistes et radicaux, publié suite au rejet par le président de la commission européenne de la demande du premier ministre hongrois en vue de contribuer financièrement à la politique migratoire très restrictive de son pays.

« Les eurodéputés socialistes et radicaux se félicitent du rejet par la CJUE des recours de la Slovaquie et de la Hongrie contre le mécanisme de relocalisation des demandeurs d’asile.

La Cour de Justice de l’Union européenne a aujourd’hui pris une décision profondément européenne en rejetant les recours de la Slovaquie et de la Hongrie contre le mécanisme de relocalisation des demandeurs d’asile.

Pour rappel, en 2015, afin de répondre à l’urgence humanitaire à laquelle l’Italie et la Grèce devaient faire face avec un afflux de migrants sans précédent, les États membres avaient accepté le principe de relocalisation de  160 000 personnes déplacées depuis ces deux pays vers d’autres États membres.

Nous avions salué à l’époque une avancée de taille, tout en condamnant le choix démagogique et dangereux pour l’Europe de ceux – Hongrie, Slovaquie, Roumanie et République Tchèque – qui avaient voté contre.

Pour nous, c’est un principe non négociable : la solidarité ne fonctionne pas à sens unique !

Maintenant, nous devons aller plus loin : les États membres ne tiennent pas suffisamment leurs engagements en matière de relocalisation. Nous voulons des sanctions contre ceux qui s’affranchissent de leur devoir de solidarité. Il faut aussi penser sur le long terme, même si nous savons que la relocalisation seule ne suffira pas.

L’asile est un droit et une obligation internationale, nous devons tout faire pour que ce droit soit effectif. L’arrêt rendu aujourd’hui est un nouveau pas dans ce sens. »

Ainsi que l’a indiqué le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, en réponse à une requête du premier ministre hongrois, Viktor Orban, la solidarité n’est pas « un plat à la carte » mais « une route à deux voies ».

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